Journal de bord – Partie 1: Canada & US

Journal de bord – 26 Août 2018

Départ + 54 jours
L’équipage pour la première fois du voyage est séparé. Hugo est de retour express à Montréal afin d’effectuer sa cérémonie de citoyenneté canadienne tandis que Sébastien reste sur le bateau à Nassau, la capitale des Bahamas.

Vendredi 27 Juillet au mardi 7 Aout 2018  – Intracoascalme, échouages et course contre la montre.
Porthmouth – New Smyrna Beach
Intracoastal waterway & Océan Atlantique.
Les dernières expériences en haute mer ayant été assez marquantes, décision à été prise de continuer via l’intracostal, réseau de canaux longeant la cote Atlantique. Ce réseau a plusieurs avantages: Pas de courants trop forts contre lesquels il faut lutter, pas de “gros temps”, possibilité de jeter l’ancre a peu près partout et possibilité de naviguer en ligne droite jour et nuit. Coté désavantages: très peu de possibilité de sortir les voiles, la navigation se faisant principalement au moteur, le fond, en fonction des marées peut être assez haut et donc il y a de grandes possibilités d’échouages, ainsi que de nombreux ponts et écluses où parfois il faut attendre les heures d’ouverture.

Nous avons une deadline: Noémie, la copine de Sébastien arrive à Miami le 3 Août. Objectif la récupérer dans les temps et filer soit a Cuba soit aux Bahamas en fonction du temps et des possibilités de navigation. Nous démarrons de Porthmouth qui est en Virgine, juste au sud de Norfolk, et nous aurons donc à traverser la Caroline du Nord, la Caroline du sud, la Géorgie et la Floride. Avec nos presque deux mètres de tirant d’eau, tout le monde nous a déconseillé la Géorgie, trop juste en terme de fond. Soit, nous reprendrons l’atlantique pour aller de Charleston a Jacksonville. En naviguant au moins 10 à 12 heures par jours, on sera dans les temps, voire même en avance. Le plan est décidé, le plan est beau, le plan est sûr.
Premier jour et comme planifié, nous nous levons à 7 heures … enfin 8 heures … et demie … Mais de suite nous nous préparons à partir dans la foulée ! Grand max a 10 heures c’est plié ! Et hop voila, comme on vous l’avait dit, on largue les amarres ! Il est … 14h … Non mais attendez qu’on vous explique, tout le monde nous a conseillé d’aller dans le centre ville pour aller prendre un petit déjeuner au Yolk on us et de passer par le centre historique de la ville ! Et puis, en plus de ça on a trouvé des machines à laver et du wifi !
Alors effectivement, on en est à la première demie journée du plan, on a déjà une demie journée de retard mais on a pris un super petit déjeuner, on a déambulé dans les petites rue pavées bordées de magnifiques pavillons de Portsmouth et on a du linge propre. Pas de soucis, on naviguera cette nuit pour compenser: on pars peut être à 14 heures, mais on est tellement pleins d’énergie qu’on va te traverser la nuit à 5 nœuds et au final on aura plus navigué que prévu ! Ce petit dej nous aura fait gagner du temps en fait ! On a trop bien intuité sur le coup !
Trois heures plus tard: Bon ben la journée est finie, le canal est fermé jusqu’au lendemain par manque d’eau. Défaite ! Première journée on aura parcouru 15 miles au lieu des 60 prévus …

Par contre le lendemain on ne se fait pas avoir, on part dès potron minet. Hier était un faux départ, le premier jour du plan est aujourd’hui en fait ! L’intracoastal c’est beau, très beau même, on traverse des marais, des forets, des mangroves. Ça fait vraiment du bien après les derniers jours d’avoir juste a se laisser glisser au fil de l’eau sur des canaux sans houle et sans courant nous barrant la route … Notre deuxième première journée se passe ainsi, paisiblement. Puis en fin d’après midi les première alertes météos commencent à tomber à la VHF : Alerte Orage et foudre sur la Caroline du nord et la Virginie. Nous nous mettrons au mouillage si nécessaire mais le ciel reste bleu et ne semble pas vouloir se couvrir. D’un coup le canal commence a s’élargir, les marais de part et d’autre s’éloignent et nous débouchons sur une vaste étendue d’eau à traverser, vent de face. Il y a 15 miles jusqu’à l’autre rive, ce qui fait que à 5 noeuds nous en avons pour 3 heures. Il est 18 heures, nous aurons traversé avant la tombée de la nuit. Mouais … au fur et à mesure que nous nous engageons sur le lac, le vent forci et un clapot se forme, puis se transforme en houle d’un mètre extrêmement rapproché. De 5 noeuds de moyenne nous nous retrouvons à 1,5 noeud, le vent nous ralentissant et la houle pleine face cassant notre vitesse. Surtout que Damacha est en mode vie paisible sur le canal, et rien n’est accroché sur le pont. Branle bas de combat ! On accroche tout comme on peut et surtout on décide de monter les voiles et de se lancer dans deux grand bords de prés pour gagner en vitesse et donc en stabilité et arrêter de se faire balancer à droite à gauche. Ça prendra plus de temps mais au moins on fera un peu de voile. Tout ça nous aura pris 1 heure.  Au loin commencent à poindre déjà de gros nuages noirs. mais ils sont loin vers l’Ouest et le vent les éloigne. On continue.

Au fur et a mesure que la nuit tombe, pendant notre bord vers l’est des éclairs magnifiques viennent zébrer le Nord et l’ouest. Ils sont a plusieurs kilomètres de Damacha et le vent les éloigne. Au sud et à l’est, le ciel est complètement dégagé et une fois la nuit tombée la lune apparaît. Il est 22 heures, nous avons presque finit notre premier bord. Tout le nord et l’ouest est dechiré par des éclairs aussi immenses qu’hypnotisant. Pour ceux qui sont en dessous ça doit tabasser sec mais pour nous c’est magnifique. À l’est la lune quasiment pleine se teinte de rouge. Nous l’apprendrons le lendemain mais ce soir là était un soir d’éclipse. Et voilà comment, alors que n’étaient prévues que de calmes pérégrinations entre deux rives des marais juste guidé par le ronronnement du notre Yanmar (le moteur du bateau) nous nous retrouvons à filer avec des pointes à 7 nœuds au prés, cernés par de spectaculaires orages d’un coté et une éclipse de lune de l’autre dans ce qui est et restera sans doute une des meilleures session de voile de notre voyage.
Lorsque à minuit nous avons traversé le lac et nous nous approchons de notre lieux de mouillage nous somme presque déçus que ce soit déjà fini. Bon en même temps des orages commençaient à se former au sud est et a arriver dans notre direction. A une heure, nous nous couchons la tête en ébullition ravi de notre soirée.

Le mouillage était dégueulasse, avec le vent qui a tourné on s’est retrouvé en pleine houle balancé toute la nuit d’un coté à l’autre du bateau. À 6 heures du matin, nous voila levés prêts à partir. le ciel tout autour de nous est menaçant. On voit les zones d’averses, parfois ponctuées d’éclairs qui nous encerclent. On décide de partir, les plus proches étant à 5/6 km. Plusieurs fois on changera de cap pour éviter des nuages qui nous passent juste à coté déchargeant leurs éclairs sur la mangrove. Et c’est là que commencera notre chance avec les orages. L’alerte météo s’étalant sur une semaine, tous les orages nous passeront à coté. Pas une fois on se sera fait prendre par les nuages. Pour une fois que la chance est avec nous nous n’allons pas bouder notre plaisir de voir ses gros nuages se former et soit nous précéder soit nous succéder.
Au fur et à mesure que nous nous enfonçons vers le sud, les rives de forets laissèrent place au rives marécageuses, puis ces mêmes rives laissèrent place à leur tour à une mangrove luxuriante pour petit a petit s’effacer et dévoiler palmiers et plages de sable blanc.
Mais avec ce changement de décors apparait un autre changement : des haut fonds de vase ou de sable de moins en moins repertoriés au fur et à mesure que nous nous enfoncons dans des zone de plus en plus touchés par des ouragans.
S’il y a un conseil que nous pouvons donner à ceux qui comptent partir sur l’intracoastal c’est de prendre un abonnement à un service de remorquage. Pour mieux comprendre pourquoi, laissez nous vous raconter notre expérience avec l’échouage sur l’intracoastal:
À part notre expérience relatée lors de la journée du 6 Juillet (Vendredi 6 Juillet 2018 – Et Damacha fit Crac-Crac Boom-Boom – dispo plus en bas sur cette page) contre un rocher Damacha ne s’est plus échouée. Jusqu’au moment où, au sud de la Caroline du Nord, le bateau se met soudain à ralentir sans faire le moindre bruit, puis s’immobilise. La sonde en 3 mètres est passée de 2m50 à 1m40. On est dans la vase, et on y est bien. Il est 17 heures. Pourtant on est toujours dans le chenal. Nous voilà donc en train d’essayer de se dégager. Marche avant, marche arrière. Le bateau pivote mais n’avance pas. On est vent de travers, On monte donc toutes les voiles pour donner de la gite en espérant pouvoir lever la quille suffisamment pour se dégager. (La sonde indique maintenant 1 mettre)
Foc, grand voile et artimont sont levés sur un magnifique couché de soleil. Damacha gite , elle gite encore plus, on pousse le moteur a fond, Avec la nuit qui est tombée on ne peut pas voir si on bouge. On pousse plus, on se met du coté des voile pour faire gîter encore plus et … rien, on n’a pas bougé … On descend les voiles. La marée continuera de descendre pendant encore 2 heures, donc ça veut dire que si on compte sur la marée haute il faut attendre jusqu’à 4 heures du matin. Hors de question. On met l’annexe a l’eau agrippe la drisse de grand voile (C’est le cordage qui permet de hisser la grand voile jusqu’en haut du mat) et on se met en tête de tirer sur le haut du mat en tirant sur cette drisse de l’annexe pour faire gîter le bateau et se débloquer. Fiasco total, l’annexe n’étant pas assez puissante. Nous nous retrouvons donc dans le cockpit et nous rappelons de toutes ces pubs pour des compagnie de remorquages et leurs bateau rouges qui sillonnent permanence les canaux de l’intracoastal. Ça fait 4 heures que nous nous débâtons contre la vase et nous n’avons pas bougé, nous sommes exténués et c’est la mort dans l’âme nous nous décidons à appeler Towboat US pour leur demander de l’aide, sachant que ça allait nous coûter assez cher. Nous estimons entre 500 et 1000 euros le remorquage.  La personne à l’autre bout du fil, très sympathique nous explique comment ça marche : Comme nous ne sommes pas membres, c’est 300 euros de l’heure (le temps commençant à être décompté a partir du moment où le bateau quitte sa base jusqu’au moment où il y revient) plus il faut rajouter le coût de l’intervention en elle meme: 19$ du pied. hummm … faisons des maths rapidement: on est entre Beaufort et Morhead city, donc il faut compter au moins une heure et demi pour arriver d’une des deux bases, plus le même temps pour y revenir, plus disons une heure d’intervention soit 3 heures soit 900 euros. Notre bateau fait 38 pieds … soit 722 dollars, soit 1622 $ On demande combien ça aurait coûté avec l’abonnement: zéro car inclus dans l’abonnement… et l’abonnement est à … 149 $ par an … pour une couverture totale sur le territoire des Etats Unis, et jusqu’à 75 miles des cotes … L’incident ayant été enregistré même si on s’abonnait maintenant il n’entrerait pas dans la couverture. Tant pis on attendra la marée haute demain … On raccroche. Cette possibilité tombée à l’eau il ne nous reste que la persévérance … il est 22 heures. On recommence à pousser le moteur, et à faire pivoter le bateau de droite a gauche. On pousse plus fort le moteur (on le pousse a fond) et vers 23 heures le miracle se produit: Le loch nous indique 0.1 nœud, puis 0.3, puis 0.6. La sonde passe a 1m70, puis 1m80, puis 2m. on est a 1 nœud au loch et 2m1. il est 23.15 et Damacha, la quille pleine de vase s’élance à nouveau sur l’intracoastal. Des cris de joie transpercent la nuit. Hugo et Sébastien célèbrent cette victoire. On ne sait pas trop ce qui les rend le plus heureux: être enfin dé-échoués ou avoir économisé 1700 dollars … Le lendemain matin dès l’ouverture du service nous nous abonnerons à tow boat us, et bien nous en a pris, car nous nous échouerons au moins une fois par jour pendant les 6 prochains jours et nous ferons appel 3 fois au service de remorquage et a chaque fois nous n’aurons eu a débourser le moindre dollar. C’est assez incroyable quand on y pense 149 $ par an et les remorquages a 1500 / 2000 $ deviennent gratuits. Pas de conditions particulières, pas de limite de temps, juste un papier à signer avec une facture à 0 dollars (Sur un de nos echouages le remorquer à passé 3 heures a essayer de nous sortir, une fois fait, une signature et il est reparti sans rien demander de plus). Pour ceux qui souhaitent faire l’intracoastal, vraiment abonnez vous. Parce que c’est sûr que vous allez vous échouer. Plus vous allez descendre vers le sud, moins les cartes de fond seront à jour. Avec les ouragans et les tempêtes, les bancs de sable bougent en permanence et les canaux ne sont pas forcement entretenus. À chaque fois que nous nous sommes échoués c’était dans les canaux de navigations sensés avoir 3 mètres de fonds.

Faune et flore:
Extrait d’une conversation à bord de Damacha:
“A un moment j’ai cru voir un alligator ! Mais quand on s’est rapprochés je me suis rendu compte que en fait c’était une tortue qui essayait de respirer de l’air en nageant” José Ornithologue
Bon, 3 jours plus tard, en Caroline du Nord, on aura un alligator de 3 mètres en train de nager dans le sillage de Damacha et de s’intéresser un peu trop à l’annexe.
Mais sinon on voit de tout sur l’intracoastal, des centaines d’oiseaux, des dauphins (beaucoup de dauphins), des lamantins (oO), des alligators (même si des fois ce sont des tortues …) etc.

Nous récupérons Noémie le 7 août en début d’après midi a New Smyrna beach après nous être échoués 5 fois le matin, à moins de 2 miles du port. Nous arriverons avec 2 jours de retard et à 220 miles plus au nord que initialement prévus. lors de notre arrivée a New Smyrna Beach nous mettions fin à 6 jours et demi de navigation non stop.

Mercredi 8 Août au lundi 13 Août 2018 – Travaux, lancement de fusée et gulfstream
New Smyrna beach – West Palm Beach 
Intracoastal waterway – Océan Atlantique
Nous sommes prêts à parier que lorsque Noémie à pris ses billets pour rejoindre Damacha et son équipage, elle n’aurait pas imaginé que les 10 premiers jours de ses vacances seraient dédiés à:

  • Repeindre le pont
  • Aider a faire la vidange
  • Monter aux mats
  • ranger et re ranger et re re ranger le bateau
  • Faire la vaisselle
  • Subir les 40 degrés la journée et les hordes de moustiques la nuit (Note pour ceux qui veulent aller naviguer en Floride et dans les caraïbes: Laissez tomber vos moustiquaires, ici les moustiques sont tellement petits qu’ils passent à travers les trous des moustiquaires canadiennes et européennes.)

Ah oui les plongées dans les eaux turquoises lui semblent bien loin. Mais traverser le gulfstream ça se prépare sérieusement. Et puis avec les 6 jours et demi non stop de navigation il a fallu réviser complètement le moteur changer les filtres, faire la vidange, changer des courroies, etc.
Pour faire tout ça on s’est posé a Cape Canaveral. On en profiterait pour aussi aller voir un lancement de fusée (le lancement de la sonde solaire Parker étant prévu pour le vendredi. Sur ces jours là il tombait du feu sur cape Canaveral. Difficile de tenir sans la clim. On a voulu aller se baigner dans une piscine pour se rafraîchir en fin de journée. L’eau dépassait les 35 °C … On en a aussi profité pour faire réparer le foc (une petite déchirure de 10 cm)  et la trinquette dont une fixation avait été arrachée pendant la tempête de Cape May ( voir le compte rendu du Samedi 21 Juillet 2018 – Damacha t’en pète – ci dessous)
Après 4 jours le bateau est prêt a traverser. Nous avions prévu (lol) de rejoindre directement les Bahamas a partir de Cape Canaveral. Mais le Gulfstream étant particulièrement fort nous avons plutôt décidé reprendre l’intracoastal, encore, jusqu’à Jupiter Inlet et ensuite de traverser. Nous étendons juste notre séjour à Cape Canaveral d’une nuit pour pouvoir assister a 3 heures du matin dans la nuit du vendredi au samedi au lancement de la sonde Parker. Réveil 2 heures et demie du matin, on va jusqu’à un spot assez connu pour observer un lancement de fusée, il y a du monde, beaucoup de monde. On s’installe. 3 heures, heure de lancement prévue, et rien à l’horizon. 3.30, toujours rien. 4 heure, la foule s’agite, ça bouge beaucoup même. Eux ont accès aux dernières informations avec internet. Le lancement est-il imminent ? Devant toute cette agitation on se lève et on se place prêt à assister à notre premier décollage de fusée ! Oh on le voit bien le départ ! Pas celui de la fusée mais celui de la foule qui vient de voir sur l’appli de la Nasa que le lancement est annulé et reportée au lendemain. Marde … choux blanc donc. On rentre au bateau un peu déçu, mais aussi rassurés que même à la Nasa, un planning reste un concept …
Sébastien, assistera au lancement, étant de quart à 3 heures du matin la nuit suivante. Alors que le bateau naviguait plein sud, L’horizon au nord s’est soudain illuminé et une petite boule de feu, un peu plus grande qu’une étoile s’est élancée vers les ciel avant de dévier vers l’est et de disparaître derrière L’horizon.
Prochain rendez vous a Kourou en Guyane pour voir une fusée décoller d’un peu plus près ! (D’ailleurs si vous avez des contact au centre spatial guyanais on est preneurs !! )

Jupiter se révélera finalement une grande déception pleine de fausses promesses. La sortie n’étant pas praticable pour un bateau comme le notre nous devrons pousser sur l’intracoastal jusqu’à West Palm beach pour récupérer l’océan atlantique et traverser jusqu’à west point aux Bahamas.
Nous arrivons à la tombée de la nuit, nous nous ancrons 2 heures pour préparer à manger pour la traversée ranger le pont et préparer la cabine à la gite des voiles, vérifier la météo (très bonnes prévisions) puis nous sortons de la baie de Palm beach et rentrons dans l’océan atlantique. Il est 22 heures. Et là l’horizon est constellé d’éclairs … humm, on revérifie la météo qui nous prédit une traversée sans orage ni même pluies. Les orages doivent être bien plus loin que les Bahamas (80 miles de traversée c’est pas si loin). Mais bon, on a retenu notre leçon sur les tempêtes. Demi tour, on passe la nuit au mouillage et on partira le lendemain matin, le plus tôt possible.
Et grand bien nous en a pris. D’abord parce que de nuit nous n’aurions pu voir la magnifique couleur de l’eau d’un bleu obsidienne. C’est magnifique on avait l’impression de naviguer sur une gigantesque pierre précieuse.

Ensuite parce que le Gulfstream rend confus tous vos sens.  voici la situation sur le bateau alors que nous en sommes à 6 heures de navigation. Selon le GPS nous naviguons plein est. mais nous ne navigons qu’à 1.1 noeud a pleine vitesse. Le décor autour de nous montre la côte américaine parallèle au bateau ce qui veut dire que nous allons plein sud. si on dévie un peu vers l’est, de quelques degrés, on gagne en vitesse mais en 10 degrés d’angle on se trouver direction nord est. Si on se dirige un petit peu vers l’est on se retrouve à 3 nœuds direction du nord ouest. Dans les deux cas la proue du bateau est clairement toujours dirigée vers le sud. Le coupable ? Le Gulfstream !  C’est le courant qui parcourt l’océan Atlantique Nord. il remonte les cotes Américaines pour traverser a partir de New York vers l’Europe et revenir au niveau des acores. Ce courant est extrêmement puissant. au pic de notre traversée il atteindra presque 5.5 nœuds ! Sachant que notre moteur nous permet d’avancer maximum à 5 nœuds  en mer, si on vise plein sud, on va plein nord. De jour, c’est assez facile a comprendre avec des repères visuels qui contredisent vos données GPS mais de nuit, sans ces repères, et en se souciant d’orages non prévus cela aurait été un enfer.  Nous orientons la proue du bateau sud est ce qui nous donne une direction nord est et une vitesse de 2. 2 nœuds. Au lieu des 14 heures initialement prévues, nous mettrons 26 heures à atteindre les Bahamas.

Mais a 6 heures du matin le 14 Août, à West point sur l’île de Grand Bahamas, Alors que le lever de soleil dévoile une eau turquoise tellement transparente qu’on peut y voir le fond, 12 mètres plus bas, nous posons le pied sur la terre bahamienne. Du grand bonheur ! Et la première page de notre voyage qui se tourne, celle de la traversée du nord au sud du Canada et des États-unis.

Voilà la fin de ce premier journal de Bord. Nous allons en commencer un second dédié aux caraïbes et aux Antilles. 
Nous sommes aussi en train de finaliser un nouvel article qui compilera toutes les informations importantes sur la navigation en Amérique du nord, nos bonnes adresses et nos conseils. 

La traduction du journal de bord et de certains articles est aussi en cours mais ça devrait prendre un peu de temps. 

Journal de bord – 17 Juillet 2018

Départ + 14 jours
Nous sommes assis dans la cabine, Damacha est amarrée au quai de la marina de la 79 ouest – “Boat Basin”. Les vagues de l’important trafic maritime sur l’Hudson font bouger le bateau. On vient de faire un trou de 13 centimètres dans le bateau, sur le toit, au niveau des toilettes. Nous allons pouvoir installer l’aération. Nous attendons la pluie cet après midi, coiffeur et visite de New York City en prévision. Mais en attendant, bien assis sur la banquette tribord, ordinateur sur le genoux, nous voila en train de taper le compte rendu que vous lirez demain, alors que nous serons en route, vers Sandy Hook, l’atlantique et un mouillage à mi-chemin d’Atlantic City.

Mercrdi 11 Juillet 2018 – Chaos pour la derniere porte
Champlain canal lock 9 – Albany
Canal Champlain – Hudson river
Aujourd’hui on quitte tout ce qui finit en “Champlain” et … ça fait du bien. Non pas que cette dernière partie soit moche ou inintéressante, bien au contraire ! Mais ça marque une la fin d’une belle étape ! Mais pas le temps de rêvasser le ciel deviens lourd, noir, des éclairs apparaissent a l’horizon. On remet en vitesse le dodger (partie avant du bimini, qui protège le cockpit des vagues et la descente de la cabine principale de la pluie. En moins de 10 minutes des trombes d:eau tombent sur Damacha, des rafales de vents arrivent par l’arrière, des éclairs tombent à quelques kilomètres de nous (mais ça à l’air vraiment prés) suivi quelques secondes plus tard de tonitruants coups de tonner. La lourdeur de l’air se déchire a chaque nouveau boom, on respire mieux, la pluie nous rafraîchit. Moments surréaliste, perdus sur un petit canal au milieu de la foret des Addirondacks. On est ravis on revis ! Trempés, rafraîchis, il doit encore faire 28 degrés en ressentis mais on apprécie chaque seconde. L’instant est fugace et en quart d’heure la tempête repart, emportant avec elle ses trombes d’eau fraîche, ses bourrasques, ses éclairs et son tonnerre. Merci beaucoup ce fut largement apprécié !
Ainsi rafraîchis, nous franchissons toutes les écluses restantes du canal Champlain. Pour ceux qui ne sont pas familiers de ce système, lorsque l’on rentre dans le bassin de transfert, des pendilles (amarres) sont disposées de chacun des cotés du bassin. Il suffit alors d’attraper deux de ces pendilles et de les tenir le temps que l’eau monte ou descende. Cela permet de stabiliser le bateau et éviter qu’il ne subisse les courants de l’eau. Bref la dernière écluse est donc franchie à Troy mais Damacha est rentré majestueusement sur l’Hudson river au niveau de Fort Edwards, rivière qui sera notre autoroute jusqu’à la grande pomme. Elle glisse (et nous avec) donc sur les eaux du fleuves, paisible reprenant le canal Champlain uniquement pour passer les dernières écluses. La vie a bord est tranquille. Ce soir nous dormirons à Albany et demain nous rejoindrons Catskillpour pouvoir remettre les mats. Il faut dire que le champ de vision à la barre est assez limité, entre les (magnifiques) supports de mats, les voiles, les mats et les haubans / drisses, sans dire que du coup on a quand même l’impression de vivre dans un sacré bordel. La dernière écluse du canal Champlain est donc passée vers le milieu de l’après midi et nous pensions en avoir fini ! Mais que nenni, il en restait une, cachée dans un detour de l’Hudson, pernicieuse (et moche en plus, on aurait du se méfier). Comme ses soeurs croisées précédemment, elle nous ouvrit ses portes quasi immédiatement, seul un détail manquait: Point de pendille, quedalle, nada. Un bateau à moteur s’engage derrière nous. Deux personnes s’accrochent à une échelle avec les gaffes du bateau pendant que nous essayons (vainement) de passer nos amarres autours des bites d’ammarage 1m50 au dessus du pont. Bref, l’éclusier, sans se poser de questions ni attendre que nous soyons bien accrochés lança la vidange de l’écluse. Autant dire que le radeau de la méduse à coté c’était costa croisière. Le bateau partait en avant, en arrière, tribord, babord, tapait avec l’ancre ou cognait les pales de l’éolienne contre le rebord. Bref, un pur instant de bonheur durant lequel nous helame l’éclusier de tous les noms d’oiseau possible. 15 minutes plus tard , dans un craquement tout droit sorti de l’enfer les portes s’ouvrent ouf on est vivants, Damacha à quelques bosses mais est entière et le voyage continue. Nous aurions aimé saluer l’éclusier comme on se sert un Wisky: avec un doigt mais on était pressés. Alors on est partis. A partir de maintenant, sur l’Hudson, un nouveau paramètre se rajoute, même autant enfoncé dans les terres: Les marées. La descente jusqu’à Albany se fera donc tranquillement à quelques nœuds.

Jeudi 12 Juillet 2018 au Vendredi 13 Juillet 2018 – Remise de Tic et Tac.
Albany – Catskill – Poughkeepsie
Hudson River
Nous partons tôt d’Albany sur les notes de Sugar man. Objectif rejoindre Catskill pour remettre nos deux plus fidèles compagnons sur pied: nos deux mats. On est pas encore au point sur les marées et le départ se fait contre courant tant et si bien que lorsque nous arrivons le service de remise des mats est fermé. Nous passerons la nuit sur place. Ça tombe bien tous les jeudis c’est concert gratuit au parc d’à coté. Ça fait du bien aussi de se poser un peu. On profite donc du concert en mangeant un des meilleurs burgers qu’on ai eu a manger jusqu’à maintenant. Un très bon moment.
Le lendemain, dés le réveil quelque chose frappe: Il fait très chaud, et très humide et il n’y a pas un pet d’air. La grue floquée aux couleurs des transformers se met en branle et dématte un bateau à coté de nous. Aprés lui, c’est notre tour. Tout commence bien … Mais forcement, il y a un hauban qui est 5 centimètres trop court. Et la commence le jeu sadique du réglage des Haubans. On desserre certains pour pouvoir réduire le jeu, on finit par en enlever complètement un autre pour voir raccrocher celui était trop court. Mais on ne peut plus remettre celui qu’on vient de décrocher car il lui manque … 5 cm … un jeu sans fin et pas drôle … 5 centimètres ce n’est pas grand chose hein ! Ben ca prend plus d’une matinée sous un soleil de plomb à régler … résultat au lieu de mettre les mats et partir, nous perdons la demie journée à se battre contre les haubans de l’artimont. Du coup, nous loupons encore la marée descendante et devons affronter le courant de face une nouvelle fois, ce qui foire un peu nos plans de nav. Nous décidons donc de dormir a Narcolepsie et le lendemain partir aux aurores avec pour unique objectif: New York.
Ouais on sait ce passage est court mais bon en même temps si il n’y a pas grand chose à raconter on va pas inventer.

Samedi 14 au Mardi 17 Juillet 2018 – New York : Champions du monde & Felix.
Poughkeepsie – New Jersey – New York
Hudson river
Cette fois ci on ne s’est pas fait avoir, on s’est levé a 5h heures du matin pour attraper le bon courant direct ! Aujourd’hui coûte que coûte on arrive à New York. Encore une journée chaude et sans vent. Mais bon, avec le courant au début de la journée on file a plus de 6 noeuds donc le moral est là. Par contre, lorsqu’il changera on “carburera” à 3 noeuds de moyenne … moins glop … L’arrivée de New York est majestueuse. On aperçoit ses premières tours plus de 3 ou 4 heures avant d’arriver. Aprés 2 semaines de foret et de lacs le contraste est saisissant. Et plus on s’approche plus la foret de tours de manathan se dessine en détail. puis on passe le le pont George Washingthon et là on arrive dans le concret. Les immeubles tous plus hauts les uns que les autres, riverside et ses coureurs, les rues bien droites qui semblent, telles des tranchées, avoir étées creusées à même les buildings. Mais bon très vite on n’a plus trop le temps de contempler: Courant de face, et un trafic de l’enfer nous obligent a reporter toute notre attention sur la navigation. Nous avions trouvé une super marina sur Manhattan (79th street boat basin) mais il va falloir attendre que la marée soit haute pour que l’on puisse rentrer dans le port avec nos 2 mètres de tirant d’eau. Or nous arrivons a NY a 16 heures, hors de question d’attendre 6 heures dans ce joyeux bordel. On se replie donc sur une marina dans le New Jersey, au pied de la statue de la liberté avec une vue a couper le souffle sur Manhattan. Sur le quai en face de nous un gros bateau a moteur avec un énorme drapeau “Trump 2020 – no more Bullshit” nous met dans l’ambiance. Nous y passerons une nuit puis dimanche nous irons à la marina sur la 79ème rue et nous filerons voir … la finale de coupe du monde (nous n’avons vu aucun match jusqu’à maintenant, occupés que nous étions par les travaux et les préparatifs. Pour les toulousains nombreux sont ceux qui connaissent le fameux café de Toulouse et son patron Alain. Ce dernier avait donné comme contact à Sébastien le nom d’un de ses amis qui est chef dans un restaurant à NY : Felix. Ainsi soit’il nous irons voir la finale la bas et en profiterons pour passer le bonjour à Pierre de la part de Alain. Nous arrivons donc chez Felix a 11h10, le coup d’envoi étant a 11h. Une foule bleue blanc rouge inonde un coin de rue au dessus de laquelle le fameux FELIX vient s’écrire. Impossible de rentrer, il y autant de gens dehors que dedans. Autant dire qu’on regardera le match sur le trottoir. Il y a une sacré ambiance, surtout qu’on mène tout le long :p Hommage quand même aux 4 croates qui ont eu le courage de venir regarder le match ici. On gagne, on est champions voila c’est fait. On attend un peu devant chez Felix mais la fête redouble d’intensité et toujours impossible de rentrer. On laisse tomber on reviendra un autre fois. On va faire quelques courses pour le bateau, demain (lundi) on a beaucoup de travaux à faire pour pouvoir partir et affronter l’océan. nous ferons donc vernis de bômes, cuve à eaux noires, aménagement intérieur, montage de l’annexe. New York étant aussi l’étape ou les parents de Sébastien quittent l’aventure et où nous nous retrouvons à deux. on réaménage donc le bateau. Le mardi les bômes sont remises, les lessives faites, le plein d’eau aussi. nous partirons demain a midi (nous devons attendre la marée haute pour pouvoir sortir du port)et il nous reste donc une après midi pour aller visiter un peu NY même si on connait déjà beaucoup la ville. On file à l’hôtel des parents de Seb, le temps pour un averse diluvienne de se déclencher … elle devrait durer jusqu’à 17 heures. On a qu’à aller chez Felix vite fait, on prend un ricard, le temps que la pluie cesse et après on file faire un tour en mode touriste. On prend congé des parents et nous voila en taxi direction chez Felix. un ricard et on s’en va. On rentre chez Felix, il est 15 heures. On fait connaissance avec le patron du restaurant et Jeff derrière le bar. Puis on rencontre Pierre chef du restaurant faisant parti des maîtres cuisiniers de France. De suite on se sent comme à la maison. on parle de tout et de rien, de notre projet, de l’histoire du resto, un autre ricard ? Oui bien sur ! Un accueil comme rarement on a connu. La suite de l’après midi se déroulera au rythme des pastis/ anecdotes de chacuns et récits de partie de pétanques de Pierre / bouteilles de rosé / dégustation de charcuteries, wings et autre cotes de bœufs. Bref on a été accueillis royalement, on a passé un excellent moment, comme si on était chez nous, on a rencontré des gens géniaux, bref une bonne, que dis-je, une énoooorme soirée, encore un grand merci à tout le staff de chez Felix et leurs amis ! Un dernier verre de calva vient sonner le glas de la soirée. Il est minuit et demie … il ne pleut plus … on peut y aller, de grands moments plein la tête, des cotes de bœufs plein le ventre, et des livres de cuisines / bouteilles de ricard dédicacées pleins les bras 🙂 Demain on part en mer !
Mercredi 18 au vendredi 20 Juillet 2018 – nous voila solo, enfin sauf si on compte les baleines, les raies et les dauphins …
New York – Sandy Hook – Atlantic city – Cape May
Hudson river – Océan Atlantique
Reveil … matin .. dix heures … pivert qui tuste … douleurs frontales … Le réveil est chaotique voire douloureux. On fini les derniers préparatifs, on monte les voiles sur les bômes, finalise les derniers réglages. On doit faire une vidange mais on la fera a Atlantic city. 15h va arriver vite, un dernier restau, le père de Seb nous fais un bref cours de facteurs Humains qu’il donne aux pilotes sur la préparation des vols et c’est le temps des adieux. Les amarres sont larguées, on n’est plus que tous les deux, les buildngs de Manhattan défilent sous nos yeux une dernière fois. la pointe de Manhattan à babord, on se dirige vers la statue de la liberté. Puis on passe sous le pont direction la baie de Sandy Hook. Nous passerons la nuit la bas. la baie est longue. nous naviguons encore au moteur pour cause de pétole. on voit autour des bateau des zones ou l’eau se met a frétiller frénétiquement. ce sont des regroupements de poissons qui remontent vers la surface. Et là, surgissant de nulle part, une énorme gueule noire vient sortir de l’eau prélevant au hasard des dizaines de poissons du banc remonté. Puis, dans un mouvement fluide elle replonge dans l’eau, laissant ainsi place a son dos rond puis sa queue. Notre première baleine ripaillera à coté de Damacha pendant une bonne demi heure pour le plus grand plaisir des deux matelots ! La nuit nous la passeront au mouillage au fond de Sandy Hook. Demain on se lève tôt, on va a Atlantic city, a plus de 16 de route.
Jeudi reveil aux Aurores, et a 6heures on est en route. Artimont et moteur, la journée est belle et se déroule sans faits particuliers. New York restera visible dans le sillage jusqu’à 14heures et nous croiserons plusieurs raies nageant sous le bateau. Nous arrivons à Atlantic city à 21h, mouillons devant la station des garde cote. Apres un repas éclairé par les ampoules clignotantes des casinos, un peu de musique et un petite bière, il est temps d’aller se coucher. Demain direction Cape May.
Le vendredi réveil à 9heures. Avant de partir on vérifie les niveaux d’huile du moteur. Plus rien … on change tout et fait la vidange qu’on aurait du faire il y a deja une semaine. On est passé a deux doigts de serrer le moteur. Moralité ne jamais repousser les travaux. on part il est 11 heures. La journée est belle mais sur la route les premieres alertes météo commencent a tomber: Avis de tempête prévu par la NOAA (agence meteo americaine) à parti de samedi milieu d’aprés midi jusqu’à lundi. On doit se décider sur la suite. Est ce qu’on reste bloqués 3 jours Cape May sachant que l’on est déja en retard ou est ce que on pars très tôt demain matin pour arriver à Ocean city, 35 miles plus au sud et qui sera le premier port à éviter la tempête ? On réfléchi sur quell…. OH ! des dauphins ! un banc d’ une cinquantaine de dauphins nous suis. Tout le monde sur le pont à les admirer jouer.
On arrivera à cape May à 17h. On doit faire des courses on n’a plus grand chose a manger sur le bateau il faut qu’on se ravitaille. et il faut aussi préparer le bateau au gros temps. On a décidé. On va partir tôt demain pour éviter la tempête.

Samedi 21 Juillet 2018 – Damacha t’en pète
Cape May – Ocean city
Océan Atlantique.
Version Hugo

Jusqu’à présent, le trajet s’était passé de façon assez tranquille, en passant par les canaux et le début de l’océan, le vrai, à la sortie de NYC. Rien à signaler à Sandy Hook et Atlantic city, à part la chance de rencontrer une baleine et des dauphins. Les voiles fonctionnent et l’équipage a le moral au beau fixe.
Arrivé à Cape May, ravitaillement, accueil moyen à la marina et ville balnéaire somme toute jolie mais sans grand intérêt, nous fait dire que nous ne resterons pas. De plus une tempête est annoncée le lendemain un peu plus haut vers Atlantic city, et qui risque de descendre jusqu’à notre position. Les vents sont favorables et nous poussent vers le sud, ce qui nous encourage à partir puisque généralement ils viennent du sud, ce qui ralentit le voyage.
Départ de Cape May assez tôt le matin. Il est prévu d’utiliser le moteur pour limiter les risques et la petite voile d’avant, la trinquette, faite pour la tempête. Avant le départ, nous discutons avec un ancien garde cotes qui nous donne quelques indications, et nous lance un “Be Safe !” Formule classique se dit on sur le moment, mais qui s’avèrera un réel avertissement.
Le vent souffle déjà, la mer est déjà creusée, mais rien d’affolant. La première heure, nous sommes persuadés d’avoir pris la bonne décision, que nous fuyons la tempête, qui nous aurait bloqués au moins trois jours à Cape May…
Le vent monte, les vagues se font de plus en plus grosses, et nous peinons un peu à les négocier, ce qui chamboule pas mal le bateau. Expérience de tangage et roulis de niveau avancé nous dirons.
Évidemment, bien qu’ayant prévu d’attacher le plus de choses solidement sur le pont et organisé l’intérieur, n os efforts n’auront tenu que la première heure. Malmenée par les vagues, notre Cat Lady, par manque de vitesse (puissance moteur un peu faible) et toilé avec seulement la vague tempête part de droite à gauche, d’avant en arrière, subissant malgré tous les efforts des deux barreurs la houle croisée de la tempête…. Qui nous a rattrapés.
Mais malgré le capharnaüm intérieur et le chaos extérieure, elle tient bon. De notre côté, cela fait presque deux heures que nous sommes partis et nous nous posons des questions, à savoir si nous avions bien fait de partir et si la situation pouvait empirer ou non. Après tout, nous étions sur la trajectoire de fuite de la tempête Il ne fallut pas une heure de plus, avec des conditions qui continuaient de se dégrader, ajoutant la pluie battante au problème, pour avoir notre réponse.
Et là ça commence à devenir un peu plus sportif !
Nous sommes toujours sur une allure de travers, (perpendiculaire au vent… et aux vagues du coup !). Objectif Océan city avant la nuit, car oui on ne va pas aussi vite qu’on avait prévu non plus…
Pour être honnête, je ne sais plus dans quel ordre exactement les choses se sont passées, mais voici une liste non exhaustive de ce qui s’est passé ensuite.
Alors on va passer tout de suite sur certains détails, on a été trempé du début à la fin !
La première chose qui nous arrive est l’ancre qui commence à se décrocher ! et vu comment le bateau bougeait, il a fallu réagir vite car si elle part à l’eau, elle peut d’abord sérieusement endommager le bateau, en tapant contre la coque. J’ai bien plus confiance dans les talents de barreur de Seb que les miens, et je me propose pour aller rattacher l’ancre avant qu’on la perde. Il accepte, bien qu’il était prêt à y aller aussi. Ça rassure d’avoir un Partner prêt à se mouiller dans les conditions difficiles. Alors je me répète, et ça bouge beaucoup, et me voilà couché sur le ventre en avant du bateau, à bouffer de la vague malgré tous les efforts de Seb qui tenait la barre, à raccrocher l’ancre pour qu’elle ne glisse plus. Moment à la fois excitant car complètement dans l’action mais aussi un peu inquiétant, car des conditions comme celles là je n’en ai jamais vécu.
Après avoir failli perdre l’ancre que Pierre nous avait laissé, ce fut au tour du BBQ de Pierre (L’autre Pierre de la Marina de St Lambert) de prendre son “envol”. On y a pas du tout pensé à ce BBQ, car on l’avait attaché tellement solidement qu’on se disait qu’il ne bougerait jamais ! Effectivement nous avant encore l’attache, et c’est bien une partie du BBQ en inox qui a arraché. Un bruit, un plouf et un adieu en quelques secondes. Et vu les conditions, hors de question de faire demi-tour, il aurait été trop tard de toute façon. Nos espoirs de grillades engloutis dans l’océan, pas le temps de faire le deuil, car le vent redouble pour monter jusqu’à 40 nds en rafale, et nous oblige à une vigilance de tous les instants. La moindre erreur se paie cash, et le bateau se fait bringballer encore une fois.
Nous sommes presque arrivés à destination que nous nous apercevons par hasard que l’écoutille de la cabine avant n’est pas étanche comme nous le pensions…. Et dire qu’on y avait entassé le maximum de choses pour éviter qu’elles ne soient dans nos jambes. D’ailleurs, même ce qui était rangé s’est renversé dans le carré, et ce sera long avant de ranger.
Peu de temps avant d’arriver à Ocean City, on remarque que la trinquette commence à se déchirer à sa base, et on prie pour que ça n’aille pas plus loin
Dernier passage compliqué à négocier, l’entrée dans le port d’Ocean City, coincé entre deux digues très proches. Nous y parvenons et arrivons à quai
Autant vous dire que ce jour là on était seuls sur l’eau, à part trois porte-conteneurs qu’on a croisé de loin. Ceux qui ont été surpris de nous voir sont les gens de la Sunset marina d’Ocean City, qui se demandent encore ce qui nous a pris de naviguer dans un temps pareil, et on les comprend.
Quelques minutes après notre arrivée, un résident de la marina vient nous voir et nous explique que les tempêtes avec le vent venant du nord sont les pires ici. On était content de le savoir.
Une chance qu’on avait fait la vidange du moteur la veille et sa vérification, car il nous a bien aidé ce jour-là.
Place au bilan de la journée, qui a été exténuante :
Une bonne partie de nos affaires sont mouillées et devront être lavées (5 machines au total…)
On n’était pas assez préparés à ce qui nous attendait, et on n’imaginait pas ces conditions
Le bateau est vraiment solide, car même balloté dans tous les sens, il a tenu sans frémir
Les mats remontés récemment sont bien remontés et les haubans bien fixés.
On ne prendra probablement plus la mer dans ces conditions
Le bateau a vraiment besoin de travaux pour naviguer dans ces conditions
Ne jamais laisser trainer des affaires sur le pont, même bien attachées.
Cette expérience a présenté des moments de doute lors des différentes épreuves de cette journée, mais a renforcé notre expérience et nos capacités à réagir aux situations d’urgence.
À refaire ? Peut-être ! mais mieux préparé c’est certain. Ce fut la grosse épreuve de début de voyage, et on se rend compte que ce n’est pas de tout repos de naviguer sur l’Océan. Ce jour là, j’ai pu constater qu’on est petit, tout petit face à la force de la Nature, et ça remet beaucoup de choses en perspectives.
Be Safe !
Version Seb
Pendant les cinq ans pendant lesquels on a préparé le bateau et le voyage, je me suis souvent dit, au fond de moi que il me tardait de vivre ma première tempête. En regardant les résumés sur youtube du vendée globe ou de la volvo ocean race, les passages en tempetes étaient magnifiquement captivant.
On s’est levé tôt ce matin, on a absolument voulu vérifier tous les rangement, changer le filtre à huile et vérifier et revérifier la check list qu’on s’est faite la veille. On voulait partir a 6 heures mais un doute sur le règlement de la marina nous fait reporter le départ à 8h. On prépare la trinquette qu’on hissera dans le chenal avant d’atteindre la mer. 8 heures, la marina ouvre, on était bons on aurait pu partir avant. L’employé en partant nous lâche un “Guys, be safe …”.
On largue les amarres, on passe le chenal. Il y a un peu de stress à bord, et ça se sent. Les conversations se crispent facilement. A peine sorti le vent souffle déja bien alors que la tempête est prévue pour milieu d’après midi. la houle commence un peu à se former. Il est prévu 2 mètres, on a déjà 1m50. Le cap est franchi, le brouillard arrive, la pluie commence a pointer le bout de son nez, il est 9heures, le vent forci. 25 noeuds de vent en moyennes, rafales à 30. La houle se creuse, et se dédouble: Une arrive plein est l’autre sud-est. il est 11 heures et le vent qui a forci commence à arracher l’écume des vagues. On est à 30 noeuds de moyenne, rafales jusqu’à 40 noeuds. On est assis dans le cockpit engoncé dans nos vestes. les vagues dépassent les 3m50 et sont extrêmement rapprochées. Notre cap qui devait être sud est intenable à cause de la houle croisée. Nous faisons uniquement du est / ouest pour le moment pendant une demie heure.
Tout notre rangement est parti en fuméee dés la premère heure, l’interieur du bateau est completement sans dessus dessous. On réalise qu’on n’a pas évité la tempête, on y est en plein dedans. Le payasage n’est plus que chaos, les vagues sont strtiées de lignes blanches, certaines commencent à déferler. A bord on est bien remué, ballottés à droite / à gauche.
Alors que je suis à la barre, à deux vagues devant trois dauphins aussi noirs que l’eau glisser lentement sur une vague de 3 mètres, ils sont énormes, mais a l’inverse d’hier ils sont magnifiquement lugubres.
On est trempés et il faut le dire impressionnés par le décors qui nous entoure.
On n’est pas les seuls à être trempés: Le joint de la cabine avant est sous dimensionné résultat à chaque vague ce sont des litres qui rentrent dans la cabine et coulent le long des plafonds sur toutes nos affaires et sur tous les coussins / matelats du bateau. La pompe de cale coule régulièrement pour vider toute l’eau qui rentre dans le bateau.
Puis, tout commence à dérailler.
Alors que la pluie et le vent nous assaillent une vague déloge l’ancre pourtant solidement attachées à l’avant du bateau. elle tient encore mais il va falloir aller la remettre avant que elle ne tombe avec toute la chaîne et nous bloque. Une vague encore plus grosse frappe Damacha de travers. Hugo immediatement entend un problème au moteur. “Quelque chose est en train de se prendre dans l’arbre d’hélice ! Mets le moteur au point mort ! Je descend dans la cale moteur été effectivement tout ce que l’on avait attaché dans les filets s’est fait la malle lors du dernier choc, et une éponge plus d’autres fils sont vraiment proches de l’arbre moteur. Je sors tout ce qu’il reste dans la cale pour ne laisser que le moteur. Depuis le début de la tempête, emmitouflés dans nos capuches on n’a qu’une vision partielle de ce qu’il se passe quand on ne barre pas. Du coup on a pris l’habitude crier “VAGUE” quand une grosse vague arrive qu’on puisse s’accrocher pour éviter d’être propulsés à tribord / babord. “VAGUE 2” pour 2 grosses vagues d’affilées etc.
Bref pendant que je suis dans la soute j’entend Hugo qui se met à hurler “ARRETE ARRETE . Ni une ni deux j’éteind le moteur et remonte aussi tôt.
“_ Pourquoi t’as arrêté le moteur ?
_c’est toi tu m’a crié arrête arrête !
_Non je disais vague Vague !”
Sur ce Hugo remet en marche moteur. On entend le démarreur puis plus rien … le moteur ne redémarre pas … Je regarde dehors, on est face à des vagues de plus 3 mètres, sans moteur, dans 30 à 40 noeuds de vents. Et là je me dit “Qu’est ce qu’on fout là bordel”
Hugo a peur que l’eau noie le moteur, on n’a qu’un seul autre essai sinon il va falloir finir à la trinquette … Nouvel essai … le moteur redémarre. Ouf. on se réinstalle, je reprend la barre, on se met en marche en vent arrière pour moins subir les vagues et Hugo va sécuriser l’ancre devant qui tape désormais contre la coque. J’avoue, alors que je suis tout seul à la barre sans pouvoir voir Hugo à l’avant, que je scrute les déferlantes arriver à l’arrière du bateau pour être sur de ne pas les prendre de coté, je me répette en boucle dans ma tête “Hugo passe pas à l’eau, Hugo passe pas a l’eau” et pour la première fois je commence a avoir peur et me dit qu’on est en train de faire une immense connerie. Puis Hugo reviens, et la houle tourne, toujours croisée mais en mode est / nord est ce qui nous permet enfin de faire un bord de travers, et de partir plein sud.
La tempête ne baissera en intensité que 6 heures plus tard, à l’approche de Ocean city. Entre temps, Pierrot , notre fidèle barbecue, voyant le chaos a préféré sauter la mer. Tu vas nous manquer Pierrot, nous qui avions pour mission de t’amener au Cap Horn …
Un fois qu’on a pris la main, après le passage de l’ancre et que la houle a tournée on a pu maîtriser notre trajet et notre bateau et même si c’était difficile on avançait sans se dire qu’on était en danger. Il fallait s,armer de patience et dérouler les miles aussi constamment que l’on pouvait.
Finalement à 17 heures nous rentrons dans la passe de Ocean city, nous avons réservé un dock à la sunset marina pour passer la nuit et panser Damacha meurtrie par cette journée éprouvante. Nous ne sommes pas indemnes non plus, les visage sont creusés par la fatigue mêmes si nous sommes rassurés d’être enfin arrivés.
Le soir, alors que nous mangeons dans un carré à peu prés dégagé, que les machines de la marina tournent 3 par trois pour nettoyer le linge, / house de drap et de matelats on débriefe. On est honnetes entre nous et on se dit les choses, clairement. On n’était pas prêts, le bateau non plus. On liste toutes le erreurs que l’on a faite, ce qu’il faut changer ce qu’il ne faut jamais refaire, etc. Puis on va se coucher, terrassées par la journée qui vient de se dérouler.
Deamin on répare et on repart.
Dimanche 22 au mardi 24 Juillet 2018 – Remise en forme
Ocean city
Océan Atlantique
Avis de tempetes qui continuent, besoin de reparer le bateau, de le vider aussi (la cale a ancre avait plus d’un mètre vingt d’eau, de secher et réorganser completement le bateau. On en profite pour faire des travaux qu’on n’avait pas encore eu le temps de faire. On prépare aussi notre prochaine navigation: Notre première de nuit: Ocean city / Norfolk soit 110 miles de navigation, soit a une vitesse moyenne de 5 noeuds 22 heures.
Pas plus on profite aussi des alentours de la marina.
On est mardi soir, demain on reprend la mer, comme en velo, quand on tombe il faut se relever desuite. demain aps de tempetes de prévues, mais un temps a bien sortir les voiles: Vent de sud / sud est, 15 noeuds avec rafales 28 et max 2 mètres de houle non croisée.

Mercredi 25 au Jeudi 26 Juillet – La première nuit !
Ocean city – Portsmouth
Océan Atlantique
Réveil à 7 heures du matin, départ a 8. La sortie de la passe est assez chaotique a cause des forts courant qui s’y engouffrent. La mer est creusée mais le foc et l’artimont nous aident a maintenir le bateau stable dans les vagues. Le vent nous fait carburer à 4,5 noeuds de moyenne au prés sans avoir à tirer trop de bords. les 12 premières heures se passent bien. Margés la houle toutes nos améliorations / réparations tiennent bien et le bateau tiens très bien la mer. On est dans les temps et la moitié du trajet est avalé vers 20 heures, au moment ou la nuit tombe. Damacha est réglée pour atteindre l’entrée de Norfolk en un seul bord, même si il va vraiment falloir serrer au prés ce vent de sud est. Commencent les quarts de nuit, et le vent se met a tourner. De Sud est il passe plein sud. pile poil là ou on doit aller. la Houle elle ne tourne pas. Avec le moteur, face a la mer et au vent, on avance a … 2 noeuds … On décide donc de se lancer sur de grands bords. Sur le papier on avance vite, entre 5 et 7 nœuds. mais le problème c’est que ce n’est pas bonne direction, pour pouvoir avancer de 5 miles dans la bonne direction il nous faut 2 bords de une heure. soit une moyenne de 2.5 nœuds. Les quarts s’enchaînent. A noter le pouvoir de Hugo qui, à partir du moment où il saisi la barre pour commencer son quart, vous avez moins de 5 minutes pour que : la houle se lève, le vent tombe ou forcisse sévèrement et qu’il se mette à pleuvoir fort …
Le jour se lève, il est 7 heures, on aurait du arriver il y a deux heures, et il nous reste minimum 8 heures de navigation pour atteindre Norfolk. C’est dur sur le moral mais on persévère. On enchaîne les bords, on accepte de n’aller qu’à 3 nœuds face au courant et face au vent et finalement, à19 heures le lendemain nous posons pied a la marina de Portsmouth, épuisées. On douche, on mange a peine et on va se coucher. Demain on reprend l’intracoastal pour traverser la Caroline du nord

Voila, on est actuellement a Morehead en Caroline du Nord et on se prépare à repartir via l’intracoastal comme le temps ne nous permet pas de reprendre la mer.

On vous donne plus de nouvelles as soon as possible comme on dit ici !

Journal de bord – 10 Juillet 2018

Départ + 7 jours
Oui on sait … Nous n’avons tenu aucune promesse quant à la tenue régulière de notre journal de bord. Il faut dire que les semaines s’écoulant on mesurait tout ce qu’il nous restait à faire avant de partir … et on a mis les bouchées doubles. 12 h par jour, 7 jours sur 7 afin de s’assurer que le bateau soit fin prêt. Le départ était prévu le 2 Juillet.
Lundi matin, le départ était prévu à 8 h du matin. Les parents de Sébastien sont arrivés le dimanche a Montréal, en pleine canicule (36 degrés, ressenti 48) parfait pour se mettre dans l’ambiance. Soyons francs, cela fait 2 jours que l’on sait qu’on ne partira pas lundi. On a tellement travaillé sur le bateau qu’on en a oublié de vider l’appartement de Hugo. Le nouveau départ est reporté au mercredi 4 Juillet à 6 heures zero zero …
On fixe la panneau solaire, et on finit de vider l’appart de Hugo a … minuit mardi soir. Pour fêter ça on se prend une dernière pinte au Burgundy Lion, la dernière a Montréal avant un petit bout de temps.

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Dernière pinte ! Au Burg évidemment ! 

Apres la pinte on rentre il est 2h du matin, Hugo rentre chez lui charger les dernières affaires. Dans 4 heures on part.

Mercredi 4 Juillet 2018 – Hasta Luego !
Saint Lambert – Sorel
Saint-Laurent
Marina de Saint Lambert. 6 heures du matin.
Le réveil de Sébastien résonne dans Damacha. C’est la première fois depuis 2 mois qu’il a du mettre le réactiver, ça ne lui avait pas manqué. Hugo est debout mais la nuit a été courte. On charge, on finalise, on recharge … le bateau est plein.

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On part faire les dernières courses. 13 heures, Pierre nous largue les amarres. On va partir, on part, on est partis … pouf comme ça … C’était tellement simple en fait, il suffisait de défaire 2 nœuds et à nous les 12 mois d’aventures ! Première étape éclair : 10 minutes, premier arrêt et nous voila arrivés au ponton de l’écluse de saint Lambert, nous sommes à … 200 mètres de la marina. Quelle échappée dites donc ! On passe l’écluse et on descend le Saint Laurent jusqu’à Sorel. Sur le trajet on ne réalise pas vraiment, 4 ans que l`on attend ce moment et on n’arrive pas vraiment à saisir que ça y est … on est partis … On file a toute allure, portés par le courant du Saint Laurent et on avale les 70 miles nautiques qui nous séparent de notre arrivée en huit heures à peu prés (En moyenne on a carburé entre 7 et 8 nœuds.) On passe la nuit a la Marina de Sorel, ou clairement notre Damacha bien chargée, dématée et peu apprêtée détonne au milieu des yacht à moteur briqués et lustrés, aux amarres bien roulées sur le ponton et au coques bien lavées.

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Trouvez l’intrus …

Des barbecues sont à disposition, le personnel est sympathique et on de l’eau et de l’électricité. On est bien;)

Jeudi 5 Juillet 2018 – Dans le sillage du cardinal
Sorel – Chambly
Rivière Richelieu
Sorel était notre porte de sortie du Saint Laurent. Pour nous rendre au lac Champlain, après avoir été porté par le courant la veille il va désormais nous falloir remonter la rivière Richelieu jusqu’à Chambly pour prendre le canal du même nom.
Avec du courant à remonter, on passe de 8 nœuds la veille à un pénible 4 nœuds et demi. Mais ça nous laisse le temps de contempler le paysage. Le moteur ronronne et on déambule au fil de l’eau, deux rives boisées reliées entre elles par un miroir d’eau verte que seuls quelques sillages viennent troubler.

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Marin d’eau douce ou la garantie d’une vie paisible … 

Nous en profitons pour faire la liste de ce qu’l nous reste à faire avant de passer la frontière américaine la semaine prochaine. Nous arrivons à dix sept heures a Chambly, pile à temps pour passer la première écluse avant la fermeture du soir. C’est une écluse triple, c’est a dire qu’il y a trois bassins a passer. Après nous être acquittés du droit de passage, donné les dimensions du bateau (38 pieds de long pour 6 pied de tirant d’eau) nous nous engouffrons dans le premier bassin. Nous dormirons au quai juste après l’écluse. Premier bassin rempli, nous rallumons le moteur et … ah non attendez, le moteur ne démarre plus … montée de stress, deux nouveaux essais, il repart et nous avançons vers le deuxième bassin lorsque tout à coup un raclement se fait entendre sous le bateau, Damacha ralenti et vient s’immobiliser entre les deux bassins. On a touché le fond, sensé être a 6 pieds 6. On est vraiment trop chargés. Le personnel de l’écluse nous demande de confirmer notre tirant d’eau et nous fait savoir que nous allons devoir signer une décharge pour avoir le droit de continuer sur le canal. On réparti un peu de poids vers l’avant du bateau et Damacha reprend son élan. Deux bassins plus tard nous allons nous amarrer au ponton juste après l’écluse. La journée a été longue et la manœuvre d’accostage va nous donner du fil à retordre, un créneau en bateau, c’est compliqué. Bref, première grosse journée et nous sommes vannés. Alors au lit tôt demain doit être une journée importante : on doit finir les travaux car on doit être en état d’arriver à la frontière demain. Enfin, c’est le plan, et un plan en voilier, c’est surtout un concept.

Vendredi 6 Juillet 2018 – Et Damacha fit Crac-Crac Boom-Boom
Chambly – Île aux noix
Canal Chambly – Rivière Richelieu
On part des l’ouverture des écluses à 9h pour pouvoir traverser le canal d’une seule traite et nous approcher de la frontière le soir même, voir de la passer. Sébastien est à la barre, ses parents au sondeur et Hugo commence à préparer la plomberie: si on veut pouvoir être tranquille aux Etats unis, il faut avoir un réservoir à eaux noires installé et fonctionnel. Comme nous avons touché la veille, il nous a fallu signer un papier nous engageant a payer et rembourser tout plein de choses si on venait à se bloquer au milieu du canal. Alors autant dire que ce matin la tension est de mise. les premières écluses se passent a merveille et une longue session dans le canal s’annonce. le canal rétréci à tel point que tout moment d’inattention se paie cash: A trop regarder le paysage Sébastien ne se rend pas compte qu’il se rapproche doucement mais inexorablement de la rive. Les rochers le rappellent à l’ordre immédiatement: Un crraaac se fait entendre, sortant Sébastien de sa contemplation et ramenant Damacha dans le droit chemin. Le canal Chambly est le premier vrai coup de cœur du voyage. Le paysage est magnifique le canal calme et la canicule semble vouloir se calmer. Ça va être une belle journée !
Nous sortons au niveau de Saint Jean de Richelieu et souhaitons une belle journée au personnel des écluses qui fut vraiment sympa et poli toute la journée. On récupère la rivière du même nom, large de plusieurs centaine de mètres. Hugo et Seb laissent la barre aux parents de Seb pour aller installer la cuve à eaux noire (pour ceux qui n’ont pas eu le privilège de rencontrer Shirley ou ne savent pas ce que sont les eaux noires, disons que ce sont les déchets qui viennent des toilettes). 3 minutes, il aura suffi de 3 minutes. Alors qu’ils sont dans les toilettes, un grand craaaaaac se fait entendre. Le crissement doit durer 4 ou 5 secondes pas plus et le bateau freine … Nous traversons la cabine en courant, en même pas 5 secondes. Un boom se fait entendre, le bateau est stoppé net. La on n’est plus bien. La sonde indique 1 mètre (quand on sait qu’on a 1m80 de tirant d’eau ça fait peur. On regarde par dessus bord, on voit le fond il est la tout autour de nous. marche avant, marche arrière pour essayer de se débloquer, rien n’y fait. Il se peut qu’il y ai eu des mots plus haut que d’autres … oui ça se peut … On vérifie qu’on ne prenne pas l’eau. Non, de ce coté, là ça va. Hugo plonge voir sous le bateau. On est dans un bon 20cm de vase, avec un joli rocher à l’avant de la quille qui à calé son premier arrêt buffet du voyage à Damacha.
Pied de biche en apnée- on sort le caillou ce qui vaudra quelques entailles à Hugo et voila les 3 Tricoire en train de passer d’un coté a l’autre du bateau pour le faire basculer de babord à tribord pendant que Hugo pousse la proue du navire tristement échoué. Putain troisième jour et on a planté le bateau. On a l’air fin tiens … 3 heures, un appel VHF pour demander du support a la marina de Saint Jean, infructueux. Il va falloir se décider a appeler les garde cotes pour se sortir de là. On demande à de gros bateau a moteurs de nous tirer pour nous sortir, le premier a trop peur d’abîmer son navire, et refuse de nous aider. Maudits Vroum vroums ! Un deuxième bateau arrive. C’est une petite barque avec un moteur de 10 chevaux. Il insiste pour essayer de nous tirer. On lui lance une amarre, mais bon, Vu le chargement on doit être facile à 14 tonnes, ça va être compliqué pour lui. Il essaie deux fois, on ne bouge pas d’un quart de millimètres, peine perdue … quelques minutes plus tard un autre gros bateau à moteur approche et accepte de nous aider. Il s’y prendra a plusieurs reprises, forçant bien sur son moteur, il a réussi à faire gîter Damacha a plus de 30 degrés, qui après 3 heures posée sur son rocher, reprit enfin la route l’air de rien. `
Autant dire qu’on est allé directement à la marina la plus proche (Marina Gosselin) avec un ambiance moyenne à bord. La leçon, apprise dans la douleur est que le moindre déficit d’attention, même dans un environnement qui a l’air sur, peut vite se payer cash.

Samedi 7 Juillet – Paper & Panier à salade
Iles au noix – Roseman Point
Rivière Richelieu – Lac Champlain
Le réveil est matinal. On a toujours de la culpabilité par rapport a hier. Mais bon on a déjà perdu du temps et franchement, le plus stressant arrive: Les douanes US. On décide de passer la matinée au port pour préparer le réservoir à eaux noire sous peine de se faire barrer la sortie des toilettes. Ça nous prendra toute la matinée et un peu de l’après midi. On doit aussi percer le pont pour installer une sortie permettant de pomper les eaux noires. Bref tout est prêt, on installe tout et let’s go to the land of the free !!
On a rencontré des Québécois qui nous ont confirmé qu’il suffit de s’arrêter a n’importe quelle marina après la frontière pour passer l’immigration. 13 heures pétantes (13 h 45 quoi …) nous voila en route vers la frontière a 15 miles nautiques de la marina. On ne sait pas pourquoi mais il y en a deux qui ne veulent plus tenir la barre …
La route est tranquille mais la tension monte à l’approche, les agents de l’immigration US n’ayant pas la réputation d’être les plus accueillants / aimables / faciles. Le bateau est rangé à l’interieur, les 16 bouteilles d’alcool en évidence, les produits frais aussi (il est interdit d’amener des produits frais, même si ils viennent des Etats Unis …)
Tous les bateaux devant nous se détournent à la frontière vers un petit quai, nous commençons à avoir des doutes sur la possibilité de faire de passer l’immigration directement à la marina. Après avoir appelé, nos doutes sont confirmés et on est passés a moins d’un demi mile nautique de franchir la frontière illégalement … OUF, on est saufs, on suit les autres bateaux et direction du quai de la frontière US. Pour rentrer aux Etats Unis quand on est Français il suffit de remplir l’ESTA et un passeport valide …. sauf … sauf ? devinez l’exception … Évidemment sauf si on arrive en bateau de plaisance auquel cas il faut un visa. Les deux agents font la gueule, rentrent dans leur cabanon et se demandent quoi faire avec ces quatre frenchies perdus. Est ce qu’ils nous refusent ou trouvent une autre solution? Le doute s’installe de notre côté, on commence à élaborer un trajet par le golf du saint Laurent… On leur explique quand même notre trajet, on leur présente les papiers du bateau, et on sent comme un intérêt chez nos interlocuteurs, jusque là hermétiques. Au quai, eux n’ont pas le droit le de faire le Visa dont nous avons besoin. Le problème si ils nous refusent c’est que les prochaines fois, dans les formulaires pour rentrer aux US on devra cocher oui à la question “vous êtes vous déjà vu refuser l’entrée sur le territoire américain” … Pas très glop … Après 10 minutes de discussion revoilà nos deux agents qui nous expliquent qu’une fourgonnette de l’immigration va venir nous chercher pour nous amener au centre de Lacolle ou on fera faire notre visa et on pourra ensuite revenir passer la frontière avec le bateau. Ouf. Il faut dire que quand ils nous ont demandé ce qu’on voulait faire avec le bateau et ou on voulait aller, ils nous ont pris pour des fous, et l’ambiance est devenue bien plus cool 🙂 Bon ils ont fait une petite rechute quand ils a fallu présenter les papiers du bateau … que nous avions oublié sur le bateau , et quand ils se sont rendus compte que le numéro d’immatriculation des papiers était différent de celui de la coque … (Au canada un bateau a 2 immatriculations, une fédérale et une provinciale). Bref, la rechute a été de courte de durée et après un aller retour dans les fourgonnettes de l’immigration (comme dans les films: banquette en métal, grillages aux fenêtres et pas d’ouverture de porte de l’interieur … mais avec la clim !) nous revoilà sur le quai, nos passeports avec visa en poche, à attendre que la Sheriff patrol monte à bord pour inspecter Damacha.

On aurait du jeter les cerises, on a pris trop d’alcool , merde, est ce qu`on a mis le beurre en évidence ? Bref on s’attend a passer une heure a l’inspection. 3 des shérifs sont sur le bateau d’a coté, des canadien qui ne se sont pas arrêtés à la frontière avec leurs 6 enfants. Leur voisin se fait inspecter par 2 shérifs, faut dire que se mettre en bikini & chemise transparente pour passer une frontière ça attire l’attention. Nous attendons sur le pont, un shérif approche, nous regarde et nous dit: “You are crazy, awesome project. Have a good day guys, you can go !”

Est ce que vous connaissez l’histoire des deux cons qui demandent “Vous êtes surs ?”

Autant dire qu’on a pas posé la question deux fois et q’on à filé sans demander notre reste. On s’est posé à la première marina après la frontière, pour passer la nuit. On est est “relieved” comme on dit ici. Beaucoup de stress s’est envolé avec le passage de la frontière. L’ambiance à bord se libère aussi un peu, les aventures de la veille étant quelque peu occultées par cette étape.
Demain on traverse le lac Champlain et on rentre le sur le canal. pour une arrivée potentielle à NYC entre le 14 et le 16 Juillet, un peu en retard sur le planning mais bon …

Dimanche 8 Juillet – Regular day of the week
Roseman Point – Burlington
Lac Champlain
Rien de spécial à dire, on a traversé le lac Champlain jusqu’à Burlington et il ne s’est rien passé de notable, et vu les deux jours précédents on ne va pas s’en plaindre ….
Trés belle journée, on passera la nuit à la marina de Burlington qui a un bar sur un dock avec une superbe vue le lac et son coucher de soleil.
Ah si, il y a une odeur désagréable dans le bateau qui provient des toilettes, il va falloir régler ça.

Lundi 9 Juillet – Premier mouillage et premières fuites
Burlington – Chipman Coin (Orwell)
Lac Champlain
Départ de Burlington a 7 heures pour essayer d’arriver aux écluses du canal Champlain avant le soir … ça risque d’être compliqué, sachant qu’on a 15 heures de navigation a faire. On décide donc de s’arrêter à la marina de Chipman coin, la dernière avant les écluses. C,est une belle journée encore, même si un peu ternie par le fait qu’on a enfin trouvé la cause de la mauvaise odeur: Notre cuve à eaux noires fuit … plus de toilettes jusqu’à nouvel ordre sur le bateau.

On en profite à mi chemin pour s’arrêter dans une crique se mettre au mouillage pour la première fois. C’est aussi l’opportunité d’aller sous le bateau voir les dégâts de l’accrochage deux jours plus tôt. Deux belles éraflure ont enlevé la peinture sur la quille, qui n’a pas bronché d’un poil, et on décide qu’on remontera le bateau en Guyane pour passer un petit coup sur la quille. L’eau est super bonne et c’est tellement agréable. Ces derniers jours, entre les accrochages, la douane,les travaux et le retard que l’on prenait, on a oublié un peu de profiter aussi. Ce n’est pas grave si on arrive en retard, si on a encore des travaux à faire ou autres, on est partis, et on profite. Après ce petit break nous nous remettons en route sur le lac et nous enfonçons de plus en plus dans les méandres des Adirondacks. L’arrivée a la marina est une vraie surprise, un joli havre de paix, un personnel super sympa qui nous prête une voiture (sans caution ni rien) pour aller faire des courses. C’est de loin la meilleure marina dans laquelle nous sommes allés. Ça fait beaucoup de bien. L’ambiance a bord s’est remise des événements et le barbecue à terre est très agréable, accompagné par nos voisins de ponts nous lançons l’apéritif, bientôt rejoins à la nuit tombée par le bal des lucioles.

Mardi 10 Juillet – Fin de la première semaine.
Chipman Coin – Champlain Canal lock 9.
Lac Camplain – Canal Champlain
Rien de spécial a noter sur cette journée. Nous rentrons sur le canal a Whitehall, petite ville typique ou à été fondée l’US Navy et avançons sur le canal jusqu’à la fermeture des écluses au milieu de la foret. Nous dormons amarrés au ponton de l’écluse. A la nuit tombée c’est un feu d’artifice de lucioles qui explose dans tous les arbres et fourrés alentours … magnifique !  Aprés le début de semaine mouvementé les derniers jours sont plutot tranquilles et ca fait énormement de bien.

Résumé et conclusion.

Nous écrivons ces lignes entre les écluses 4 et 5 du canal Champlain le mercredi 11 Juillet. Notre début de voyage à été intense et riche en émotions. Après quelques jours ou nous avons eu aussi à adapter nos habitudes, revoir nos attentes (plus de bricolage pour l’un, plus de navigation pour l’autre), nous prenons petit à petit nos marques sur Damacha. Faire les premières semaines du voyage par la rivière est au final une très bonne idée car elle nous permet de faire la transition en douceur du mode travaux au mode voyage.
La semaine Nous espérons arriver à NY aux alentours du 14 / 15 Juillet et nous resterons quelques jours, nous devons nous faire livrer des colis sur place (téléphone satellite – merci P3 et radeau de survie). Après ça nous rentrerons dans l’atlantique longerons la cote Est des USA avec comme objectif Miami !
Mais on vous racontera ça la semaine prochaine.

Hugo et Seb.

Journal de bord – 6 Juin 2018

Départ – 26 jours

Résumé de la semaine du 21 au 27 Mai 2018

Statut de La Liste le lundi : 72 items a régler avant le départ.

Décrocher du plafond au début c’est rigolo, un pied de biche, des plaques qui craquent, de la musique forte. Mais bon, enlever le polystyrène ce n’est qu’un début. Apres faut nettoyer le plafond, enlever les grosses taches de goudrons à la spatule, mettre à nu les zones ou on découvre de la rouille (on a quand même été plutôt chanceux avec Damacha, à part certaines zones forcement soumises à beaucoup humidité, l’ancien propriétaire a pris grand soin du bateau et nous n’avons découvert aucune mauvaise surprise, tâche a nous de garder le flambeau et d’en prendre autant soin que Norman). 30 degrés dehors, 35 dedans (et oui, plus d‘isolation et bateau en acier …) le point positif c’est que du coup le goudron devenant plus mou il est moins difficile à enlever. On pensait tout faire en une journée, il nous en a fallu deux… en même temps nous avons aussi traité les trois gros spots de rouilles qui nous embêtaient depuis un moment (dans la cabine arrière au niveau de l’axe de la barre, dans la cale moteur, sous le moteur (sympa à atteindre celle là) et sur le plafond au niveau des cheminées.)

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axe du safran avant traitement

On est mardi, les plafonds sont enfin propres. Mais il ne faut pas traîner car nous avons deux grosses deadlines cette semaine :

_ Vendredi : Retour de Pat sur le bateau, on câble le bateau pour l’électricité (nous avons mercredi acheté toutes les lampes LED du bateau) – Le plafond doit donc être totalement isolé, c’est à dire le polyuréthane shooté au plafond, la mousse egalisée et taillée

_ Dimanche sera off pour l’équipage niveau travaux, Un groupe de musique ami de Hugo a choisi Damacha pour tourner leur clip d’une de leur chanson.

Grace aux contacts de Hugo dans la constructions, nous allons récupérer la tige normalement a l’arrière du bateau et qui soutien notre éolienne pour en refaire faire 2 identiques en Inox afin de concevoir un portique à l’arrière du bateau. Et pouvoir installer notre panneau solaire.

Nous avons aussi pu constater lors de cette semaine quelque chose dont nous avions souvent entendu parlée , souvent aperçu mais qui s’est confirmé : La solidarité entre marins. Entre coups de main, matériel donné ou vendu à un prix dérisoire, on a rempli au moins 5 points de LA Liste grâce à l’aide des gens du port. 60 mètres de chaîne, grosse ancre charrue, vélo pliable pour peanuts, barbecue, dodger + un autre bimini et bouée de secours gratuit (autant dire que le deal du siècle de notre Bimini la semaine passée fait désormais pale figure …) et sans compter tous les conseils avisés des chevronnés de la marina. C’est bien simple à un moment donné on s’est demandé si les gens ne faisaient pas en sorte qu’on finisse plus vite que prévu pour qu’on parte plus tôt 😉 C’est assez touchant de s’entendre dire ” prenez ce barbecue, j’aurais pu le vendre 50 pièces mais je préfère qu’il fasse le cap Horn avec vous ”

Mercredi nous allons voir l’atelier de la voilerie qui nous confectionne notre nouvelle grand voile (celle sur le grand mat), on parle du logo que l’on veut imprimer ou coudre dessus (Logo réalisé par le street artist Elie aka Stock – vous pouvez visiter son book en cliquant ici ! ). On en profite aussi pour récupérer notre ancienne grand voile pour Dimanche
Nous faisons aussi refaire toutes les housses de nos coussins (qui sont d’un vert absolument dégueulasses il faut bien l’avouer).

Jeudi matin  On est es à 6 semaines du départ, et quand on descend dans la cabine principale le matin ça fait un peu peur. Le bateau est tellement loin d’être prêt. Un amoncellement d’outils, de boite de bricolage, de polystyrène et de matériel de construction siègent là ou devraient se trouver la table à manger, la cuisine, 3 banquettes /couchettes et une table à carte. Mais au rythme où nous avançons depuis deux semaines on est assez confiants sur la tenue de notre date de départ. Alors on se retrousse les manches, on nettoie de fond en comble les cabines, range tout le bord … bazar qui avait pris ses aises et on installe les bâches de plastique le long des cloisons des cabines et sur le sol pour les protéger parce que aujourd’hui ON SHOOTE. Moment assez madeleine de Proust, a tendre les toiles de plastiques partout autour de nous on a impression de refaire les cabanes de quand on était gamins. Ensuite on enfile une combinaison intégrale, on sort les bonbonnes et c’est parti pour shooter le polyuréthane expansif sur tous les plafonds. La première couche est loin d’avoir été appliquée parfaitement mais pour un début c’est pas mal. On passe la deuxième couche mais on doit s’arrêter au milieu. On n’a pas l’habitude on a utilisé tout le produit et une furieuse envie de vomir va saisir Sébastien (alors totalement sobre on tient a préciser …) pour la quinzaine d’heures suivantes

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évolution de la cabine

Vendredi après avoir été racheter de nouvelles bonbonnes on passe les dernières couches en fin de matinée, Sébastien mets deux masques de protection (comme il n’en avait pas mis la veille il s’est dit que ça compenserait …) et on fini de shooter la mousse de polyuréthane. 9h du matin on a donc fini l’isolation. La suit illustre parfaitement ce que prévoir des travaux sur un bateau implique en terme de planning : Nous avons décidé de faire deux nouveaux points de LA Liste : Graisser le safran et démonter la barre pour la passer à l’antirouille. Nos prévisions : Graisser le safran : 15 minutes pour injecter la nouvelle graisse avec notre super pistolet à graisse –  démonter la barre pour passage à l’antirouille : une heure (enlever un écrou reliant la barre à ses mâchoires et peindre les trois pièces d’antirouille). Une mauvaise manip sur le pistolet à graisse nous condamne à réaliser la première opération en quarante cinq minutes. Quand vient le moment de démonter la barre Sébastien s’acharne avec les clef à pipe et clef à mimolette mais que nenni l’ecrou ne bouge pas d’un pouce … Donc Seb appelle Hugo qui lui explique qu’on dit clef a molette, prend les deux clefs devient pivoine tout comme son compère… On regarde de plus prés et décide de couper les deux extrémités à la scie sauteuse et de déloger la tige au marteau … Toujours rien. On amène l’ensemble à l’atelier de la marina et on continue à essayer de déloger l’axe à la masse. Nope ça ne bouge pas d’un chouilla … Il faut se rendre à l’évidence, ce n’est certainement pas un boulon / écrou qui servait d’axe mais bel et bien une tige d’acier de 2 centimètres de diamètre enfoncée à la presse (20 tonnes, on l’a appris après) … Alors on est parti à la perceuse / burin et masse et après deux heures la barre était enfin libérée de son axe, une demie heure de plus pour tout peindre et au lieu de l’heure prévue on avait passé pas loin de 3 heures à démonter cette foutue barre …  Sur un bateau, tout prend toujours plus de temps que prévu et les travaux rapides sont une légende …
L’après-midi, quand Pat arrive, nous sommes prêts pour installer le câbalage électrique. On vous la fait courte : le vendredi soir, le toit est isolé, l’intégralité du câble est tiré et la moitié de nos lampes fonctionnent.

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Hugo et Pat en train de travailler sur le circuit électrique

On commence notre deuxième samedi et sur nos 3 gros chantiers un est fini et les deux autres avancent extraordinairement bien. Le moral est au top ! Si il faut on finira même le bateau en avance ! (spoiler alert: nope ça n’arrivera pas …) Alors on range et on prépare le bateau à la ballade du dimanche. On traite aussi les pièces en Inox, comme les cadre des hublots, le barbecue et le régulateur d’allure. On installe ces deux derniers et on grille nos premières brochettes et saucisses a bord.

Barbecue + Régulateur d’allure

Arrive le dimanche et débarque sur le quai le groupe Grre en famille (Site Web en cliquant ici, chaîne YouTube en cliquant ici, page facebook en cliquant la !) pour tourner le clip d’une des chansons de leur prochain album. Nous avions donc 7 passagers (les 6 musiciens et la réalisatrice / camerawomen) et plein d’instruments de musique à bord. Concert privé a l’avant du bateau et un beau refrain dans la tête pour la suite du voyage. La chanson raconte l’histoire d’une mutinerie où l’équipage (les musiciens) se rebellent contre le capitaine et son second (vos serviteurs) . La pluie, sans doute jalouse de notre featuring s’invite sur le tournage et franchement, elle donne tout ce qu’elle a …

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Tournage à bord de Damacha

Malgré le temps pourri tous les rushs ont pu être tournés et ce fut une super journée et un break salvateur dans les travaux. Promis nous vous partagerons le lien du clip quand il sortira pour que vous puissiez voir le sort qui nous a été réservé et admirer notre fantastique jeu d’acteur.

Et voila pour cette semaine !

La semaine prochaine : Objectif découper et installer le plafond, finaliser le câblage électrique et que Sébastien aménage à partir de jeudi sur le bateau

Journal de bord – 4 Juin 2018

Départ – 28 jours.

Les 3 dernières semaines ont été intenses en travaux. Tous les jours, au moins dix heures par jour. Résultat nous qui nous étions de juré de publier un article minimum par semaine, on l’a dans l’baba … Heureusement aujourd’hui il pleut et on s’est pris la journée pour ranger le bateau, faire deux trois courses et donc écrire notre journal de bord. On va essayer de se rattraper et cette semaine vous devriez avoir les comptes rendu de chacune des semaines, une par une et lundi prochain celle de cette semaine ci ! (du 4 au 10 Juin)

Semaine du 14 au 20 Mai:

Lundi a jeudi : Sébastien est arrivé à 14h de Paris. Il est décidé d’aller directement à la marina de saint Lambert pour commencer à travailler sur le bateau, entre le décalage horaire et le trafic on n’avait pas plus de 3 a 4 heures de travail possible et le temps presse: la mise à l’eau a lieu vendredi matin et on a encore beaucoup de travail sur la coque. Des zones de la quille, du gouvernail et au dessus de l’hélice présentent des traces de rouille. On a mis a nu (enlevé peinture / antifooling jusqu’à arriver à l’acier) pour traiter la rouille et recouvrir d‘époxy.

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Patchs d’époxy avant d’être recouverts d’antifooling (bleu)

Lundi et mardi : toutes les zones ont été patchées à l’époxy et on repasse donc des couches de peinture bleue sur l’ensemble de la partie immergée de la coque. Le mercredi on sort le moteur de son hivernage, il redémarre au quart de tour et le bateau est pret à aller à l’eau, avec un jour d’avance donc. Heureusement car le jeudi est prevu de la pluie, Hugo a quelques dossiers a finir pour son ancien travail et Sébastien à bien besoin d’un peu de temps pour éliminer complètement le jetlag (oui, il aurait pu écrire un article … mais il s’est dit bien naïvement qu’il aurait le temps plus tard dans la semaine …). Résultat l’accomplissement de la journée fut la liste, ou plutôt devrais-je écrire LA Liste des travaux à faire. Jeudi elle comportait 20 points à faire avant le départ toujours fixé au 1er Juillet ( on est le 17 mai a ce moment là). Les trois gros chantiers majeurs (oui, gros et majeurs … c’ est dire a quel points ils sont importants …) sont:

_ Finalisation de la coque pour la mise a l’eau

_ Refaire totalement l’ isolation du plafond du carré et de la cabine avant, ainsi que l’isolation complète de la cabine arrière.

_ Dessiner et installer le circuit électrique secondaire (Lampes / Prises / interrupteurs) pour l’ensemble de l’intérieur.

Ces trois gros travaux, une fois finis, mettrons la poupe de Damacha sur la route de New York. Bien sur d’ autres points important son sur LA Liste, tels que récupérer les nouvelles voiles, trouver et installer dodger+bimini (protections extérieures contre pluie et soleil) etc.

Mais ces trois gros travaux sont les gros milestones qui nous indiquerons si nous allons prendre du retard sur le départ (à vrai dire on en a déjà 2 ans par rapport à notre plan initial) ou de l’avance (Mouais … et la marmotte …)

Jeudi aussi un Bimini d’occasion a été trouvé à coté de Montréal. Nous irons le voir Dimanche mais si il convient on sera sur une affaire du siècle (au moins) …

Vendredi mise à l’eau.

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Damacha quelques minutes avant d’aller a l’eau.

La nuit avant a été hantée par les spectres de notre ancien passe coque qui a été remplacé au printemps et qui s’est invité dans quelques rêves afin de se venger en mettant en scène la défaillance de son remplaçant fabriqué de main de maître par Hugo. (Pour les néophytes en bateau, il y a dans chaque coque de navire des trous, oui oui. Ces derniers servent à divers buts tels qu’évacuer de l’eau, en faire rentrer, faire une place pour les différentes sondes qui vont servir à jauger la profondeur ou la vitesse de l’esquif ! Le passecoque permet d’ empêcher l’eau de rentrer à l’ intérieur du bateau, sauf quand elle y est autorisée !)

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Notre nouveau passe-coque

Tout se déroule sans accroches, Michel notre nouveau passe-coque tiens le coup comme un chef et nous effectuons, sous un grand soleil, notre traditionnel parcours de mise a l’eau entre la marina et le pont Champlain pour que notre bon vieux bourrin se décrasse les culasses. Nous en profitons pour récupérer à notre bord Pat, fidèle matelot parmi les fidèles, chef électricien et bien plus encore. Grace a Pat LA Liste passe d’ une vingtaine d’items a plus de 40 …

Mais le vendredi se finit et le bateau flotte paisiblement à quai, les plans électriques sont faits, LA Liste est a jour et nous donne une vision claire de nos priorités. Et la première vient d’ être rayée de LA Liste. Demain on s’ attaque a la prochaine : L’isolation.

Samedi, nous arrivons à la marina et Damacha nous attend, la quille dans l’eau, et ça c’est quand même top … On profite quand même un petit peu de la situation et on repars faire un petit tour au moteur d’ hune heure, pour le moteur bien sur, pour récupérer les réflexes des manœuvres aussi et pour les idiomatiques surtout 😉

La suite de la journée consistera a enlever l’ancienne isolation du bateau, à savoir deux couches de plaques de polystyrène attachées entre elles et au toit du bateau par de belles accroches de goudron … Un régal …

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En fond les taches laissées par les patchs de goudrons sur le plafond … 

Et décoller toutes ces taches à la spatule par 35 degrés … Encore plus un régal … On commence un peu mais il y en a au moins pour un a deux jours de travail pour nettoyer le toit et pouvoir “shooter” le polyuréthane expansif que nous avons choisi à la place.

Enfin le dimanche sera dédié à différents achats de matériel et aller voir le Bimini a coté de Laval. Il fera parfaitement l’affaire après quelques retouches, nous le prenons et ainsi s’achève cette première semaine !

La semaine prochaine sera dédiée à préparer le toit, poser la mousse expansive avant vendredi et le retour de Pat (qui travaille a Toronto et n’est dispo que le vendredi et le Weekend pour nous aider pour le circuit électrique) et poser pendant le weekend le cablage.