La signature

La signature

Voilà, la mine du stylo quitte la feuille et c’est fait : Nous sommes désormais propriétaires et capitaines ! On a notre bateau à nous, et ça c’est plutot la classe ! Avant notre déçision vous avez été beaucoup à nous mettre en garde : Un bateau c’est plein d’imprévus !,  Tu ne sais pas dans quoi tu t’engages !, Non mais ça ne va pas bien non ? et plein d’autres remarques* …  Bon,  soyons directs, il ne nous a fallu environ qu’une minute après la signature pour faire face à notre premier couac, d’autant plus amplifié , pour ceux qui ne nous connaitraient pas, que nous sommes français et que nous vennons d’acquérir un batiment canadien ! Devant prendre des habitudes de marins et autres gens de la mer qui, nous le savons tous, n’aiment point perdre de temps en d’inutiles palabres, je vous propose que en venions directement aux faits : Une fois nos gribouillis apposés sur les divers actes de propriétés (sous l’œil d’un témoin neutre telle que la loi provinciale l’impose pour valider cette cession), un détail nous heurte à tous les deux : Nous ne possédons que 66 des 100 parts de notre nouvel et magnifique esquif !

« Mais que pour qu’est-ce ? » s’étonne donc Hugo, un peu plus vif que moi ce jour-là !**

Eloignez donc enfants et personnes fragiles, ce qui va suivre est effroyable, mon sang s’en glace encore à chaque évocation du sujet, c’est pour dire le niveau d’effroi de ouf : les 34 osties de parts restantes appartiendraient donc, selon un vielle loi des siècles derniers a la reine du Canada …  La reine du Canada ? Mais dis donc, ça m’a l’air cool tout ça ! Mouais, sauf que on nous la fait pas nous … la reine du canada, c’est une meuf de 89 balais genre chignon cheveux blancs, couronne en diamants et qui s’appelle Elizabeth 2… La putain de reine d’Angleterre quoi … Non mais t’es sérieux ? Mais pourquoi ? Là  déjà, on n’était pas au top, on tenait encore debout, vacillants, mais on tenait quand même … Et la   on nous dit pas que ça lui permettait en cas de guerre de pouvoir réquisitionner tous les bateaux du common wealth ? Bon ben, BIM quoi: c’est l’uppercut dans la mâchoire, un beau KO des surfaces, bref au tapis les capitaines et pis c est tout …

Enfin au final, on avait notre bateau et notre projet pouvait vraiment commencer et ça c’était le plus important alors bon, on a souri, on s’est dit que c’était pas grave, et que au pire si on devait nous réquisitionner notre bateau, on trouverait bien un moyen de bouter les Anglais hors de notre bateau ! (Après tout, n’est pas là une occasion que chaque francais espere ?)

Histoire de conclure cette petite anecdote, et pour montrer que tout est bien qui finit bien, sachez que en fait la loi est obsolète depuis un paquet d’années, et que sa majesté Zezette 2 ne possède aucune des parts de quelque bateau privé battant les couleurs d’un territoire du common wealth ***. Mais pourquoi 66 parts alors ? se posent déjà les esprits les plus vifs d’entre vous ! Ben voyez-vous que si il y a une chose universelle et internationale dans le monde, c’est bien l’ardeur que peut mettre l’administration d’un pays à combattre toute forme de travail. Du coup lorsque la loi fut abrogée, au lieu de refaire faire tous les papiers des propriétaires de bateaux pour leur redonner les 34 parts restantes, il fut décidé que désormais 100%  du navire contiendrait 66 parts. Et voilà pif paf pouf,  vous venez d’apprendre en 30 secondes comment esquiver une aprèm de taff bien relou. Merci, circulez y a rien a voir !

De mon côté je clos ainsi le premier post de notre blog, en espérant que vous ayez assez kiffé pour revenir la semaine prochaine ou il vous sera raconté notre première nuit à bord !! (tremblez !)
Des bisous !

Captain Bobo

* Florilège non exhaustif : Pourquoi vous faites ça ?  C’est quoi cette bouteille de lait ? De toute façon vous ne partirez jamais !  Ah ben toi au moins, on sait quand est ce qu’on va devoir prévoir de venir à ton enterrement !  Toussa, toussa …

** ce qui est assez rare pour être mentionné dans le premier post du blog, non pas que je souhaiterais éviter que vous ne vous fassiez une mauvaise image de moi, personnellement je m’en fous, mais bon si ça pouvait m’éviter un caca nerveux du captain Gohu c’était toujours ça de gagné !

*** Mais bon, dans le doute on a quand même prévu d’embarquer un DVD de Bravehart et d’enterrer, lors de notre escale sur les iles Falkland, un petit drapeau Argentin dans un endroit dont nous seuls connaitrons les coordonnées …